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Planche

Tracée le 27 novembre 6013

L.·. L’Amitié N° 10, G.L.S.A.

Or.·. de La Chaux-de-Fonds

F.·. G. L.



Une autre initiation


 

Vous me voyez heureux de tous vous revoir ce soir. Je veux vous parler d’une autre initiation, que celle que nous avons tous vécu à notre entrée en Franc-maçonnerie.

Pour cela je dois vous donner un bref aperçu de mon passé médical. Décembre 2009, en urgence à l’hôpital cantonal de Fribourg, pour apprendre, que je souffre d’une insuffisance rénale chronique terminale. Après  quinze jours d’hôpital, et des litres d’infusion, on me déclare candidat à la dialyse. A renfort de médicament j’ai pu retarder cette échéance pendant trois ans. Entre temps, lors des examens médicaux pour la préparation à une éventuelle transplantation, on me découvre une tache au poumon droit, qui après maints autres examens plus approfondis est déclarée anodine. La tache est peut être anodine mais la peur ne l’était nullement. J’allais oublier, il y a deux ans l’implantation d’un pacemaker, car mon cœur ne battait plus qu’a vingt reprises par minute. Depuis janvier 2013, je suis, à raison de trois fois par semaine, des séances de dialyse d’une durée de cinq heures.

Dans la Franc-maçonnerie le cabinet de réflexion précède l’initiation au grade d’apprenti. Pour moi, initié selon le R.E.A.A, mon passage m’a paru pour le moins original. En découvrant par la suite les initiations à la loge L’Amitié je fus étonné et content car le rituel correspondait mieux à mes aspirations et attentes, en mettant l’homme au centre, et non le maquillage. Schröder avait dit < si la vérité est simple, le symbole est simple >.

Un autre passage important est celui de l’homme en bonne santé à l’homme malade. C’est une initiation qui ne se fait pas devant une assemblée, mais se passe au plus profond de soi-même. Fini, les succès de la vie professionnelle, les gains d’argent, ou autre victoire du quotidien. On se courbe, on se roule comme pour ne rien laisser échapper. On cherche une orientation, et on peut se tourner comme on veut, on se retrouve toujours face à soi-même.

Lors de l’initiation maçonnique, on veut aller sur les pas de Hegel pour fêter la fin de la philosophie sous la forme du savoir absolu. On aspire à la connaissance de soi-même.

Dans le cas de la maladie, ou autre déboire tragique de la vie, on suit plutôt Schopenhauer pour affirmer que < notre monde est le pire qui soit >. C’est cette volonté universelle, dont la connaissance individuelle n’est qu’un moment furtif, à se nourrir du désir de bonheur, bonheur inatteignable qui engendre la souffrance et la douleur..........